mardi 10 juillet 2018

[Il y a cent ans, la Grande Guerre] Mission désespérée sur le plateau de Cuffies

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Les ruines du village de Vauxrot, au nord de Soissons, où une partie du 17e RI a pris position dans le nuit du 29 mai 1918.
*Pendant quarante-cinq semaines, jusqu’au 11 novembre 2018, nous allons essayer de vous faire vivre la dernière année de guerre des combattants limousins.
L’aube qui se lève en ce 29 mai 1918, éclaire le champ de bataille devant les positions du 17e RI, sur les hauteurs qui dominent le village de Cuffies, au nord de Soissons. Normalement, le régiment devrait être en seconde ligne. C’est la 61e division d’infanterie qui est au contact, notamment le 66e régiment d’infanterie territoriale, des « pépères » de quarante ans qui combattent pied à pied depuis le début de l’offensive allemande. Ils ont subi des pertes effroyables mais ils tiennent encore.
Vers 9 heures du matin, épuisés, ils ne peuvent résister au nouveau coup de boutoir allemand. Les compagnies du 66e RIT refluent. Le 17e RI se retrouve en première ligne. A leur gauche, doivent se trouver les unités de la 151e division d’infanterie mais l’intense bombardement que subissent les lignes françaises rendent les liaisons qui-impossible. Pourtant, la 3e compagnie du 17e réussit, sous le déluge d’obus, à trouver le 5e régiment de cuirassiers à pied. La liaison est assurée. Mais la ligne n’est pas sécurisée pour autant.

A 11 h 30, croyant sans doute ne pas rencontrer de résistance sur la plateau de Cuffies, les troupes allemandes se présentent en masse compactes devant les positions du 17e RI. Ils sont cueillis par le tir nourri des mitrailleuses et des fusils des hommes des 2e et 3e bataillons, aidés par l’intense barrage d’artillerie. Le premier assaut est stoppé. Les quatre suivants aussi.

Rendus prudents par la vigueur de la défense française, les Allemands décident de changer de tactique. L’artillerie augmente l’intensité de ses tirs. Grâce à la protection des obus, les Stosstruppen commencent à s’infiltrer dans le ravin, au nord de Cuffies, qui marque la limite entre la 170e DI et la 151e DI. De plus en plus nombreuses, les troupes allemandes menacent désormais de déborder le dispositif du 17e RI.

Les combats sont âpres. Sur la partie ouest du plateau de Cuffies, le 2e bataillon doit contre-attaquer à la baïonnette pour se dégager. En face, les soldats allemands sont de plus en plus nombreux et ils avancent comme si leurs pertes ne comptaient pas. Le 3e bataillon n’est pas mieux loti. Lui aussi est soumis à une intense pression. Il fléchit mais ne lâche pas. Seul le cimetière de Cuffies doit être abandonné à l’ennemi. Le 2e bataillon doit cependant quitter ses position et se replier cinq cents mètres en arrière.
Au soir du 29 mai, les combattants des deux camps, épuisés, stoppent les combats sur les positions atteintes. Le 17e RI a souffert. Il a perdu, selon le décompte tenu par le rédacteur de son Journal des marches et opération (JMO), dix-neuf tués, quatre-vingt trois blessés et vingt-cinq disparus. Parmi les tués, le caporal Paul Mazaud qui tombe sur le plateau ouest de Cuffies.
Après une nuit relativement tranquille, les combats reprennent dès l’aube du 30 mai, sur le front du 17e RI. A 10 h 30, l’artillerie allemande se déchaîne. La préparation dure jusqu’à 14 heures. L’orage d’acier cède la place à une puissante attaque allemande qui déborde rapidement les positions du 17e RI. La 3e compagnie qui assurait la liaison avec les unités voisines est obligée de se replier. Deux demi-sections de la 5e compagnie, complètement encerclées ne peuvent se dégager.

Les deux bataillons en première ligne (le 2e et le 3e) sont obligés de reculer. Ils parviennent à rompre le contact et peuvent établir une nouvelle position en passant entre les sections du 1er bataillon qui engage alors un combat féroce pour protéger le reste du régiment.

Il réussit lui aussi à se dégager. En face, les Allemands sont tout autant épuisés que les Français. Les attaques cessent, permettant au 17e RI de retrouver un semblant de cohésion sur une nouvelle position. Mais les bataillons sont épuisés. La journée du 30 mai aura coûté douze morts, dont le Haut-Viennois Léonard Pénicaud soldat à la 11e compagnie, quatre-vingt quatorze blessés et cent quatre-vingt neuf disparus.

En deux jours de combat, quatre cent vingt-cinq hommes ont été mis hors de combat, l’équivalent de deux compagnies. Le 17e RI tient toujours. Mais le pire est à venir.
Pour en savoir plus sur la mission désespérée du 17e RI, il est indispensable de lire "la Dernière division" de Patrick-Charles Renaud, aux éditions Grancher.
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  • https://www.lepopulaire.fr/dossier/theme-1640/histoire.html



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