Didier emporté à 62 ans était un passionné comme on en fait plus et transmettre était l'un de ses leitmotive...
Lui l'éducateur devant l'éternel dont l'école sera son temple de la connaissance, de l'apprentissage des valeurs et des humanités, du vivre ensemble mais une école aux multiples visages...
L'école de la République, d'abord ! Celle qui fait dire à Victor Hugo que nos « maîtres sont des jardiniers en intelligences humaines ».
Diplômé de l'école normale, il débutera carrière d'enseignant remplaçant d'abord dans le secteur de Chauny avant d'être appelé pour le service militaire en novembre 1979. En septembre 1981, après une grave maladie au cours de son service national, le Brainois sera affecté à Vailly-sur-Aisne.
Ce sont plusieurs générations d'enfants sur tout le canton qui ont profité de ses enseignements. Toujours remplaçant et notamment pour les congés longs, nombreux sont les villes et villages qui l'ont accueilli entre 1981 et 1992.
L'arrivée d'Amaury son fils l'amène à envisager un poste fixe.
En septembre 1992, Madame Cagniet, part en retraite et Didier lui succéde à l'école dite « Des garçons ». Il prendra d'abord en charge les CE1 puis les CM1. Une classe d'âge qu'il aura finalement jusqu'en juillet 2017 date de son départ en retraite, fêté avec ses collègues et les représentants de parents d'élèves.
Didier et le sport
Il est une autre école qui lui ouvrira ses portes jeune et qu'il animera plus tard, celle du sport. Pour Didier ce sera le football qu'il aimait à pratiquer autant qu'à regarder.
Vers 12 ans il chausse déjà les crampons jusqu'à devenir un solide gardien, reconnu comme tel, dans une équipe que l'on attend quasiment au niveau de la Nationale 3 de l'époque.
Seulement ses soucis de santé connus au service miliaire le contraignent désormais à fouler l'herbe en qualité de dirigeant.
Et quel dirigeant !
De la trempe de ceux qui savent transmettre, ceux qui ont le sens du collectif, celui de l'entraide, du respect...
La transmission, encore et toujours !
La saison 1979-1980 s'ouvre, le club s'appelle encore l'USV (l'un des plus vieux clubs de France) avant de devenir ASV (pour Association Sportive Vaillysienne) et de fusionner opportunément il y a de cela 15 ans avec Braine et Chassemy pour devenir le BCV.
Didier en était à chaque fois, avec humilité et engagement, sans quête d'une quelconque reconnaissance mais en se proposant là où il pouvait être utile. Qu'importe qu'il soit secrétaire, vice-président ou président comme cette dernière saison !
Il était Didier l'éducateur, Didier le passeur, Didier le pilier.
C'est vrai, Didier vivait BCV, il vibrait BCV ! Didier écrivait les aventures du BCV, avec boulimie, avec bonheur, avec cette plume de journaliste sportif.
Et cette coupe de Picardie ramenée de Hirson par les U18 tous étaient ivres de joie ! Des images qui resteront, comme resteront celles des victoires du week-end passé, celles de l'ascension que Didier aurait aimé voir. Mais finalement celles avec ces banderoles sobres et belles à la fois saluant la mémoire du président défunt.
Son épouse Elisabeth disait que le stade était pour lui comme un deuxième jardin. Il avait sa petite famille à la maison et sa grande famille du football.
Didier laisse derrière lui des valeurs qui se construisent patiemment à l'école de la vie, une certaine idée de la place que le sport doit occuper dans l'école ou l'éducation dans le sport.
« Un esprit sain dans un corps sain »
Une certaine idée de l'égalité des chances y compris lorsqu'il initie les stages d'été ou lorsqu'il se saisit des emplois aidés pour en faire des tremplins.
Une certaine idée du respect et de l'égalité femmes-hommes avec son objectif de rendre accessible le football aux jeunes filles.
Une exigence, enfin, que droits et devoirs soient connu de chaque enfant de la République.
Le maire de Vailly-sur-Aisne, Arnaud Battefort a rendu un grand hommage à cet homme qui lui a tant appris, qu'il a tant côtoyé, qui à tant apporté à la commune, à toutes les instances et activités auxquelles il participait et au club de foot... Ils devaient7 juin prochain étudier ensemble les derniers plans du nouveau vestiaire le 0. Une réalisation future qui ne saurait, aux yeux du maire porter un autre nom que celui de Didier Carbonnaux.
Dans son hommage, le maire n'a pas manqué d'affirmer son affection, son amitié et son soutien puissant sincère à la famille du défunt : Elisabeth son épouse, Amaury et Hugo ses fils.
Hommage du BCVFC
Nous savions que l'équipe des U17 du B.C.V.F.C. allait nous faire vibrer aujourd'hui. Louis, mon fils, avait préparé un sac à dos abritant porte-voix et fumigènes pour fêter la montée de ses copains. Moi qui ne pouvait pas être là, je savais qu'il allait pousser pour deux, voire un peu plus. Ne manquait plus qu'à encourager un beau collectif auteur d'une saison de rêve ! L'image de la victoire est belle ! Plus encore celle de l'hommage à votre Président ! Didier aurait apprecié. Je suis très fier de vous les garçons.
Je ne doute pas que nous aurons encore des moments importants à partager... à partagé Aranud Battefor sur sa page FB.