Comme prévu, Cloé, l’ancienne élève de Gérard-de-Nerval, a été sélectionnée pour poursuivre son aventure dans « The Voice ». Par Garou. Retour sur la soirée où le Québécois a joué de sa guitare.
Cloé, quand vous voyez Jenifer, le premier juré se retourner après seulement 27 secondes de chanson, que se passe-t-il ? C’est un gros soulagement. Je me dis ça y est, ça y est, j’y suis. Après, je ne me souviens plus, je n’ai pas trop de souvenirs sur les fauteuils de Florent Pagny puis celui de Garou. J’étais tellement stressée par cette audition que je ne suis pas très contente après coup, de ma prestation. J’étais morte de peur. Je suis allée sur la scène en me disant : allez, tu balances tout ! Pour revenir plus en arrière, comment t’est venue l’idée de s’inscrire à « The Voice » ? Moi, je n’étais pas partante. Je n’étais pas une grande fan de ce genre d’émission. Mais là, c’est quelqu’un qui me connaissait et m’a dit : tu t’inscris ! Après quelques réflexions, je me suis dit pourquoi pas ? C’était en mai 2013. J’ai envoyé en juin un CV vidéo où je jouais de la guitare. Il y a eu une réponse relativement rapidement puis ensuite, plusieurs présélections avant d’arriver aux auditions. Là, quand j’ai appris que j’étais retenue, c’était déjà sympathique. L’émission a été enregistrée en novembre dernier. Il y avait déjà des chanteurs ou musiciens dans la famille ?
Non, je suis la première chanteuse, même s’il y a déjà des artistes dans un autre domaine chez nous. Pour la chanson, je dois d’ailleurs remercier Nathalie, ma prof de musique à Soissons, qui a été la première à croire en moi. Elle a déjà marqué ma vie.
C’est Jenifer qui se retourne en premier, puis Florent Pagny et enfin Garou. Puis, on voit que Mika regrette de ne pas avoir appuyé. C’est sympa ? Oui, je me dis que j’ai trois jurés et demi qui ont cru en moi. Quand je vois que Florent Pagny me voulait dans son groupe puisqu’il m’a dit que je m’étais – en riant – trompé d’équipe. Mais dès le début, j’espérais que Garou se retourne. C’est lui que je voyais le plus pour me faire progresser. Mais j’avoue que Jenifer qui se retourne, puis ensuite joue sur l’émotion, chose qu’elle sait très bien faire, j’ai hésité un peu. Mais, je suis restée fidèle à mon idée de départ. Justement Garou va vous chercher, joue sur votre guitare puis vous raccompagne. Un truc de « fou » ? Je ne laverai plus jamais ma guitare ! Il est extra. Le voir prendre la guitare et jouer…
L’association de pêche de Soissons s’est longtemps targuée d’être la plus grosse de la commune par le nombre de ses adhérents. Elle l’est peut-être encore mais elle a perdu près de 300 membres, 283 exactement, puisqu’ils étaient 1460 en 2012 et seulement 1177 à avoir pris leur cotisation l’an dernier. Le président voit deux raisons à cela et il les a évoquées lors de l’assemblée générale, dimanche. La première est liée à la crise et toucherait tout le département selon Jean-Paul Rabier. L’état des berges de l’Aisne serait, en plus de la météo, la deuxième d’après le responsable de l’association. Il assure que lorsqu’on constate « les difficultés liées aux abords et le manque d’entretien des parcours, cette diminution se comprend beaucoup mieux ». Les adeptes de la pêche ont eu l’occasion d’en faire part au maire de Soissons puisqu’il était présent lors de la réunion. Une discussion s’est d’ailleurs engagée à propos du fameux ponton dont se sont plaints certains pêcheurs et notamment une personne souffrant de handicap. Il s’avère que cet équipement est plus utile aux promeneurs qu’aux pêcheurs. Autre difficulté abordée pendant l’assemblée : l’accès à la rive dans le secteur de Villeneuve « bouché en haut du chenal par VNF (voies navigables de France, NDLR) et une discussion est engagée pour permettre de nouveau l’accès de ce secteur très fréquenté », préviennent les membres de l’association. Celle-ci tente toujours d’attirer les jeunes, dont le nombre d’adhésion à presque diminué de moitié (113 pour 208) avec l’école de pêche dont le nombre de participants remonte avec un niveau en hausse. L’espoir est donc permis !
SOISSONS (02). Pour soutenir sa ville et son histoire, un Soissonnais a fait réaliser un moule pour fabriquer le Vase de Soissons en chocolat, à l’image de celui de l’office de tourisme. J’aime ma ville ! » L’heure de la retraite sonnée, Patrick Genin a voulu concrétiser cet intérêt porté à la commune et à son histoire. Ainsi a-t-il ouvert un nouveau commerce, dans le local où il exerçait son activité d’assureur, pour proposer des produits de tous terroirs, dont le sien. Et il a décidé de créer tout bonnement un produit à la gloire de Soissons : un Vase en chocolat. Même s’il souligne, en clin d’œil, que certains « historiens veulent remettre en cause l’histoire du Vase de Soissons », ce grand voyageur assure que « lorsque nous disons que nous sommes de Soissons, on nous parle toujours du Vase avant le haricot ! » Partant donc du principe que tout visiteur de la cité du Vase souhaite en rapporter un chez lui, il s’est inscrit dans la continuité de l’initiative prise au sein de l’office de tourisme, en 2012, avec la réalisation de cet objet en poterie. Il a voulu que son chocolat ait exactement la même forme. Il l’a donc présenté comme modèle au chocolatier auquel il s’est adressé pour la fabrication. Car « le plus dur était de trouver le moule, le chocolatier l’a donc fait faire mais j’en suis propriétaire. » Plus petit que son homonyme en poterie, c’est ainsi une exclusivité. Mais le propriétaire de la boutique Direct régions aimerait, indique-t-il, « qu’on soit plusieurs à en vendre », il souhaiterait notamment le voir dans les rayons de l’office de tourisme. Lui-même commercialise l’objet dans lequel on peut mettre des fleurs. « La différence, c’est que le mien, vous pouvez le casser, il vous restera toujours le chocolat à manger ! » s’exclame-t-il avec humour. Il a en outre cherché un professionnel local et a travaillé avec un Rémois, le plus proche pouvant répondre à ses attentes, notamment dans le domaine du rendement, précise-t-il. Car il en a vendu pas moins de 300 depuis le 15 octobre, date d’ouverture de son enseigne ! Preuve s’il en est du bien-fondé de son initiative. Et aussi de son talent puisqu’il se fait fort de ne pas laisser les visiteurs ressortir de son magasin les mains vides. « Mon principe est de faire connaître les producteurs locaux », explique-t-il. Dans son magasin, on trouve donc non seulement des productions de tout le Soissonnais mais aussi les fleurons locaux comme le fameux haricot sec, décliné en potage, en confiserie ou même en apéritif. Et comme l’ensemble des terroirs sont bons à prendre pour cet Axonais, il glane, au fil de ses expéditions touristiques, de bonnes adresses afin de pouvoir, par la suite, suggérer l’achat d’une choucroute ou de moutarde dont il connaît le fabricant.
SOISSONS (02). Un atelier associatif permet aux automobilistes d’apprendre à entretenir leur véhicule, moyennant une adhésion. Local et matériel sont mis à disposition depuis 30 ans Un médecin, un dentiste, un ouvrier d’usine, un agent de l’administration fiscale, un étudiant et un formateur, que se racontent-ils le samedi matin dans le local d’un ancien garagiste ? Des histoires de mécanique puisque, adhérents de l’Espace jeunesse et culture (EJC), ils sont membres de l’atelier associatif créé dans les années 80. Chacun vient donc chaque semaine ou juste quand il en a besoin pour venir réparer, entretenir sa voiture. « Parfois on refait le monde », lance même, tout sourire, Yann Lemaoe, passionné de mécanique, « plus spécialisé dans la moto », l’un des trois animateurs. Avec Bernard Scerri et Philippe Boucherit, il dispense ses connaissance et ses conseils, mais « nous sommes tous bénévoles et c’est pour ça que cela marche si bien ! », tient à dire Philippe Boucherit. Le but est ainsi que chacun s’initie peu à peu aux différentes tâches et puisse faire lui-même les travaux nécessaires sur sa voiture. Ainsi en est-il de Philippe Seuwin, « simple adhérent » qui semble bien venir régulièrement : « Avant je ne faisais que mes vidanges. La fois dernière, j’ai changé un cardan sur une Audi et le coup d’avant, des biellettes de direction. » Lui est convaincu de l’utilité de ce groupe mis en place autour de certains, toujours présents, à l’initiative d’un garagiste retraité avec le soutien du directeur de la MJC (devenue EJC) de l’époque, racontent ces pionniers. « C’est une solidarité dans la mécanique », s’enflamme Philippe Seuwin. Parmi les « quinze/vingt adhérents, ça dépend des années », selon Bernard Scerri, il y a donc des représentants de tous les milieux sociaux mais aussi de tous âges et de diverses origines puisqu’un Marocain, un Slovène et un Soissonnais originaire du Burundi, sont cités autour de la table, au moment du café. Car l’ambiance est bon enfant dans ce « melting-pot ». Un mélange décrit comme « très sympa » par Marie-Pierre Ferté, la seule femme présente, hier, mais « il y en a quelques-unes ». « On achète nous-mêmes les pièces », précise celle qui ne bricolait pas cette fois mais l’a déjà fait, c’est promis. Elle retrouve ici des connaissances et même de la parenté puisqu’on vient ici en famille, à l’image d’un bambin n’hésitant pas à donner un petit coup de main à papa. Les animateurs, eux, indiquent que lampes, clés et autres outils et matériels divers sont achetés petit à petit, au fil des années, afin de permettre des réaliser les interventions courantes. Et ce, dans un lieu adapté puisque plusieurs fosses donnent par exemple des possibilités que tout un chacun ne pourrait pas avoir à son domicile. Et « en une vidange, vous avez amorti votre adhésion », lancent plusieurs fidèles. Même s’il le jurent tous, pas question de faire concurrence aux professionnels, il faut avant tout avoir le goût de la mécanique. « Certains sont venus et on ne les a jamais revus, ils ne voulaient pas mettre les mains dans le cambouis. »
Une chaise est restée vide, comme un symbole. Celui d’une direction qui a complètement lâché prise depuis près de 2 ans. En fin de semaine, les anciens et futurs ex-salariés de Baxi sont entrés dans l’après. Une nouvelle vie symbolisée par les premières lettres de licenciement que 29 salariés ont déjà reçues. Ils étaient presque tous là jeudi matin à la maison des associations de Villeneuve-Saint-Germain. À portée de vue de leur ancien site… Seuls quatre n’ont pas pu, voulu, venir. Par contre, alors que la responsable de la cellule de reclassement, mise en place par le groupe Chappée, ne s’attendait qu’à voir les 29, la salle comptait plus de 70 présents. Ce qui a surpris Bernadette Wald, salariée du groupe Aksis, entreprise ayant remporté le marché du reclassement. Cette femme va devenir pendant une petite année le guide dans ce naufrage collectif. Il y aura aussi Donato Cerrotti, patron du Pôle emploi soissonnais, et deux de ses conseillères, Jessica Lener et Blandine Néant, pour donner des repères afin de se retrouver dans cette période pré et post licenciement. Ou plutôt pour ceux qui « ont été notifiés », expression absurde pour évoquer les 29 premiers salariés qui ont reçu leur lettre de licenciement. Il fallut d’ailleurs attendre une heure après le début de la réunion pour entendre le terme « licenciement »… Juste avant les premières prises de paroles, le maire Patrick Day est passé. Après des poignées de main, des « bonjour », il reçut en retour des mots qui l’ont incité à ne pas s’attarder. Pendant une heure, les ex Baxi ont eu leur « feuille de route » pour les mois à venir : des mauvaises nouvelles comme celle de mettre une croix sur des vacances pendant un an, à partir du moment où ils s’engagent dans le processus de la cellule de reclassement. C’est notifié dans le PSE, le plan de « sauvegarde de l’emploi », qui mettra 90 personnes sur le chemin d’un avenir plus qu’incertain. « Quand on va vous proposer des pistes, ce ne sera sans doute pas forcément sur Soissons même » a précisé Bernadette Wald, « et le train ne passera pas deux fois… » En clair, il vaudra mieux être « mobile ». Même si dans son discours, Donato Cerroti, patron de Pôle emploi Soissons, a tenu à ne pas noircir le tableau. « Malgré la crise il y a encore des entreprises qui recrutent, y compris dans l’industrie même si ce secteur ne va pas bien. » Ça, on s’en doutait.
« Je ne suis pas fier de ce que j’ai fait, avoue Alphonse Lafont à la barre du tribunal correctionnel de Soissons. Je le regrette. » Hier, il est ressorti avec 18 mois de prison ferme. La raison ? Dans la nuit du 30 au 31 octobre 2013, à 00 h 30, le prévenu entre dans un mobile-home et roue son propriétaire de coups au niveau du visage et de l’épaule. Résultat : 10 jours d’incapacité totale de travail. Selon la victime, il n’aurait pas agi seul. Une circonstance aggravante dont il se défend : « J’étais seul, affirme-t-il. Je certifie qu’il ment ! » Autre point de désaccord : la victime affirme avoir été frappée dans son lit pendant son sommeil. Pour le prévenu, les faits se sont déroulés alors que tous deux se tenaient debout, à l’intérieur de la caravane. Seule chose certaine : le prévenu était fortement alcoolisé. Malgré ses dénégations du début, il a fini par reconnaître ces faits de violences commis « parce qu’il m’a dénoncé dans une autre affaire de vol alors que j’ai des preuves du contraire. » Pas de quoi perturber Christophe De Bosschere, le président du tribunal correctionnel : « Il aurait fallu attendre le 17 février pour vous expliquer devant le tribunal. » Tout en disant regretter ces actes, il dément les accusations de menaces de mort et de dégradations (deux véhicules, un portail et un carreau du mobile-home) pour lesquelles il comparaissait également. Pour ces derniers faits, il a été relaxé, faute de preuve. Il est par ailleurs reconnu coupable de violences en réunion. Au vu de ses antécédents (déjà 13 condamnations essentiellement pour vol), le tribunal l’a condamné à 18 mois de prison ferme avec maintien en détention
Cela fait quarante ans que les maires successifs se cassent les dents sur les ruines de l’hôtel de la Croix d’or. Quatre murs qui tiennent tant bien que mal debout, donnant sur la rue Saint-Christophe. Une verrue qui nuit à tout le quartier. En si mauvais état qu’un arrêté de péril a été émis dernièrement. Des travaux de mise en sécurité sont nécessaires. Impossible jusque-là pour la municipalité de l’acquérir, le propriétaire, un Parisien, ayant toujours refusé de le céder, car il avait un projet d’hôtel, qui n’a jamais abouti. Après bien des démarches, le préfet vient de signer l’arrêté de cessibilité. Donc, le maire est autorisé à acquérir l’immeuble à l’amiable ou par voie d’expropriation. Un site, qui ne vaut que par son emprise foncière. L’arrêté de cessibilité fait suite à la déclaration d’utilité publique (DUP) de décembre 2012, qui valide le projet de la Ville à cet endroit : démolir l’immeuble pour y construire, sur quatre étages, dix-sept logements par Logivam, la moitié en accession libre, l’autre moitié en location. Au rez-de-chaussée, sur une surface de près de 500 m2, il est prévu des commerces. Pourquoi pas une enseigne spécialisée dans le bio ? L’ensemble immobilier comprendrait aussi du stationnement privatif, une trentaine de places.
Les commerçants satisfaits
Voici quatorze ans, en 2000, le maire d’alors, Claude Parisot, avait lancé une procédure semblable mais la DUP avait été attaquée au tribunal administratif d’Amiens par le propriétaire, Claude Krief. Les motivations de cet homme pour conserver cet immeuble, qui ne lui rapportait rien, restent aujourd’hui encore mystérieuses. Le déblocage de cette situation permettra sans doute à la rue Saint-Christophe, et au quartier du même nom, de prendre un nouvel élan. C’est en tout cas ce que les commerçants attendent depuis très longtemps. « Dans une rue commerçante comme la nôtre, ça fait un peu tâche. Et puis c’est dangereux », indique Victoria Lefranc, boulangère située en face. « C’est très bien que ça avance, ça va redynamiser la rue », explique-t-on dans une boutique de chaussures. « Ça coupe la continuité commerciale », remarque Line Idelot (droguerie Baroteaux), qui se réjouit, elle aussi, de ne plus voir cet ensemble « moche et tristounet ». « Il y a tout ce qu’il faut dans cette rue. On ne demande que de la lumière, de la vie », ajoute-t-elle. Certains sont plus sceptiques. Au tabac le Maryland, on n’y croit plus. Pourtant, depuis quarante ans, on n’était jamais aussi loin dans le règlement de ce dossier.
Il n’y aura pas une mais deux cérémonies, demain jeudi, en hommage aux aviateurs américains, dont l’avion s’est crashé à Villers-Cotterêts il y a tout juste 70 ans. L’une le matin au collège François-1er avec les élèves et les professeurs ; l’autre en fin d’après-midi, au monument dédié aux aviateurs au faubourg de Pisseleux, avec les élus, les porte-drapeaux et la batterie-fanfare. Tout le monde a changé ses plans, au dernier moment. Fabien Lambiel, l’enseignant coordinateur de cet événement qui a nécessité un an de travail au collège, déplore une tentative de « récupération politique » de la part du maire Jean-Claude Pruski. Ce dernier plaide la bonne foi et estime qu’« il n’y a rien d’électoraliste là-dedans ». Ce qui était prévu il y a quelques semaines encore : l’après-midi du 6 février, un pèlerinage de 90 enfants et ados du collège et de l’école primaire de Pisseleux dans le quartier où le bombardier américain B-17 était tombé, suivi d’une cérémonie à la stèle en hommage aux aviateurs, avec des témoignages de Cotteréziens ayant assisté au drame du 6 février 1944. Il était aussi prévu que Roger Presson, historien local et témoin lui aussi, y lise un message du frère du seul survivant du crash, Joe Pino. De son côté, la Ville devait organiser une cérémonie le 7 février à 19 heures. « À mesure que grandissait la cérémonie scolaire, les difficultés incompréhensibles ont soudain apparu », fustigent Roger Presson et Fabien Lambiel. Ils auraient notamment eu du mal à obtenir un arrêté municipal interdisant pour deux heures le stationnement sur la place du 8-Mai-1945, où se trouve la stèle. Le maire a annulé la cérémonie prévue le 7 février et « s’est invité », selon les termes de Fabien Lambiel, à celle organisée par les scolaires. « Une demande de discours officiel du maire » a créé un incident diplomatique. À François-1er, la crispation a été telle que la sortie à Pisseleux a été annulée, et la cérémonie est désormais programmée le matin uniquement dans l’enceinte du collège. « M. le maire a tout fait pour que la cérémonie n’ait pas lieu et quand il a vu que ça prenait de l’ampleur, il a voulu la récupérer. On ne fait pas de politique sur la mémoire des morts et sur le travail des enfants ! », tonne l’enseignant.
« On ne changeait rien dans leur programme »
Jean-Claude Pruski, lui, dit ne pas comprendre. « Lorsqu’on a prévu notre cérémonie le 7 février, nous ne savions pas que le collège en organisait une aussi. J’ai rencontré la principale du collège et j’étais invité à faire un message. On s’insérait dans le programme, nous on apportait les porte drapeau, mais on ne changeait rien dans leur programme. C’est un professeur qui a décidé de tout annuler. C’était normal que le maire s’insère à la cérémonie, comme je le fais pour les harkis ou toute autre cérémonie patriotique. Je ne vais pas ne pas honorer la mémoire des aviateurs américains parce que je suis candidat aux élections ! »
VILLERS-COTTERETS (02). Depuis 2010, une fonctionnaire municipale devrait être réintégrée dans ses fonctions. Mais son employeur semble traîner. On se demande pourquoi la mairie de Villers-Cotterêts souhaite aller jusqu’au bout. Depuis près de cinq ans, une responsable de la municipalité cherche à réintégrer un poste duquel elle fut évincée en 2008. Malgré une décision de justice favorable, les choses traînent. Sur ce dossier, le maire n’a pas souhaité s’exprimer car il s’agit « d’une affaire toujours en cours ». Tout débute en 2008. Nathalie T. est alors responsable de la restauration administrative et scolaire. « Quelqu’un a été recruté pour prendre ses fonctions », commente le secrétaire général du syndicat CFTC des territoriaux de Picardie Alain Melcus. D’après nos informations, plusieurs raisons ont été évoquées pour expliquer « l’évincement » de Nathalie T. : problème avec le voisinage, incompétence, ou encore grade ne correspondant pas à ses fonctions. Des accusations que balaie Alain Melcus qui défend le dossier. « Dans chacun des cas, il y avait d’autres procédures ou solutions possibles. » Deux ans plus tard, en 2010, le tribunal administratif d’Amiens a tranché : « la décision du maire de la commune de Villers-Cotterêts du 26 juin 2008 est annulée. Il est enjoint à la commune, de réintégrer Madame T. dans ses fonctions », lit-on dans le jugement. Or, d’après la CFTC, l’affectation qui a suivi était une « mise au placard » (voir photo). La plaignante a donc formulé une nouvelle requête auprès de la justice administrative. Le tribunal a ordonné une nouvelle fois sa réintégration, en condamnant la Ville à une astreinte en cas de non-exécution. La mairie a remis dans les semaines suivantes une fiche de poste à l’intéressée faisant état de sa réintégration. « Mais le problème, c’est que l’affectation était cette fois vidée des tâches et des responsabilités relatives à ses anciennes fonctions », relève la CFTC. Le dossier est donc désormais examiné par la plus haute instance judiciaire en la matière, le Conseil d’État.
C. est forain de son état. Hier, il était à la barre du tribunal correctionnel. Le 7 novembre 2010, à Soissons, il a eu un peu de mal à s’expliquer avec sa future ex-femme et sa future ex-belle-mère. Devant sa grande caravane, il les a un peu menacées et un peu agressées. Présentes à l’audience, les victimes ne se sont pas laissées intimider. Avec courage, elles ont témoigné devant le juge. Monsieur et madame se sont séparés le 1er novembre 2010. « Il m’a mise à la porte avec mon fils d’un an dans les bras. Je n’avais pas de vêtements pour lui, ni son carnet de santé. Et il a gardé mon fils aîné de 4 ans », se souvient Séverine (prénom modifié), l’ancienne conjointe. Du coup, une semaine plus tard, elle avait décidé de revenir à la caravane pour récupérer du lait, des médicaments, des habits et des papiers en passant par la fenêtre, puisque la porte était fermée. Sa mère l’attendait à l’extérieur. C. est revenu sur ces entrefaites. « Dès qu’il m’a vu, il m’a secouée, tirée par les cheveux, puis rejetée dehors. Il a vu ma mère qui téléphonait et s’est ensuite jeté sur elle. » Comme il ne voulait pas qu’on appelle la police, le forain a empoigné sa belle-mère, lui a tordu les mains et le dos pour récupérer le mobile. N’y parvenant pas, il l’a alors bousculée sur le petit escalier menant à la roulotte. Poursuivies par C. les deux femmes ont regagné leur voiture puis se sont enfuies, en essuyant cette menace : « T’as pas intérêt à déposer plainte, sinon tu vois ça [a-t-il déclaré en désignant le garçon de 4 ans], tu ne le verras plus ! » Des certificats médicaux ont attesté que les victimes avaient une incapacité totale de travail de dix jours chacune. Suivant les réquisitions du procureur, le juge a condamné le forain à six mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve durant deux ans. Il devra en outre débourser 5 335 euros : 1 700 euros pour les préjudices de chaque victime, 1 235 euros pour indemniser la CPAM et 700 euros pour les frais d’avocat.
SOISSONS (02) Pour Cookie Ann, de son vrai nom Anne-Laure Cristante, l’année 2014 débute à cent à l’heure. Le 10 janvier, la jeune styliste a quitté Soissons pour s’installer à Paris et mettre toutes les chances de son côté. Si elle a trouvé un emploi stable dans une boutique de la capitale, lui permettant d’assurer ses arrières au plan financier mais aussi d’avoir un « confort de vie » en évitant les allers et retours Soissons-Paris, c’est à la griffe Cookie Ann, qu’elle a créée il y a cinq ans, qu’elle consacre tous ses loisirs et toute son énergie communicative. Depuis 2 ans, parce que vivre de la mode n‘était pas possible, Anne-Laure a un peu mis en stand-by le travail sur sa marque, pour mieux revenir avec une nouvelle collection. La semaine dernière, c‘est à Paris qu’elle a donné rendez-vous à deux de ses amies, son modèle fétiche Aurélie et sa photographe Charlotte, pour une séance de shooting dans un environnement très urbain qui colle à ses dernières créations. « Je vise la femme de 25 à 35 ans, très déterminée, qui veut s’habiller en made in France », explique Anne-Laure, qui a par exemple relooké à sa façon une chemise vosgienne, à la griffe immédiatement identifiable par le grand C de Cookie Ann. « Au-delà de 35 ans, on peut porter mes vêtements, mais cela adresse alors à des femmes plus fantasques », reconnaît la jeune Soissonnaise, qui a déjà à l’esprit l’autre grand défi de ce début d’année.
Croquer la grosse « pomme »
Le 12 février, Anne-Laure s’envolera en effet pour New York où elle espère bien profiter des dernières journées de la fashion week (la semaine de la mode) pour faire connaître sa griffe dont le nom très anglo-saxon sera sans doute un bon sésame. « J’ai la chance d’aller là-bas avec une amie attachée de presse qui va m’ouvrir des portes. Elle va en quelque sorte me chaperonner et me faire rencontrer des gens qui comptent dans le monde de la mode. Je vais y aller avec des prototypes et des photos faites par Charlotte », explique la styliste, qui a d’ailleurs parfois la (bonne) surprise de découvrir sa griffe là où elle ne l’attend pas forcément. « L’Américaine Angela Simmons a été paparazzée pour un magazine people avec un de mes vêtements à Miami », raconte Anne-Laure, plutôt ravie. Pour elle, avec la mode, c’est « un rêve de petite fille » qui prend forme chaque jour un peu plus, même si elle ne se considère pas comme une « fashion victime ». « J’avais envie de faire ce métier-là, parce qu’il est très varié », explique Anne-Laure qui entend bien, à 30 ans, croquer la grosse « pomme » new yorkaise à pleines dents. On peut retrouver Cookie Ann sur Facebook, mais aussi sur son blog http://cookieann.blogspot.fr/ et http://www.cookie-ann.com/ http://www.lunion.presse.fr/region/la-styliste-cookie-ann-va-sortirsa-griffe-a-la-fashion-week-ia3b26n293549
Q u’est-ce qu’il fait le chien-guide ? », demande Jean-Claude Boutillet, animateur pédagogique de l’association Aliénor. Après quelques secondes d’hésitation face à une telle évidence, les élèves de première du lycée privé Saint-Rémy, présents jeudi dans la classe, s’élancent : « Il guide. » Dans le mille. Depuis le 13 janvier, Jean-Claude Boutillet, non-voyant après avoir reçu des éclats d’acier dans les yeux, fait le tour des établissements d’enseignement catholique du département, en compagnie de son berger-allemand Gosha, dans le cadre du Marchaton. Derrière ce nom inspiré du Téléthon, se cache une initiative composée par trois étapes, comme le décrit Benoît Chrétien, professeur d’EPS au collège et au lycée Saint-Rémy : « Il y a d’abord la phase de sensibilisation, comme aujourd’hui (jeudi, NDLR), où on explique ce que c’est qu’être aveugle, ce que ça entraîne tous les jours, etc. La deuxième étape consiste à organiser une marche dans chaque établissement. Les 5 000 élèves participants au projet trouvent des parrains qui s’engagent à payer de 50 centimes à 1 euro par km effectué. Enfin, l’argent récolté est remis à l’association Aliénor pour financer des chiens d’aveugle, et les nouveaux maîtres qui les reçoivent reviennent dans les établissements pour montrer que c’est grâce à eux. » La marche en elle-même se déroulera du 13 au 17 avril, à Saint-Rémy. À son terme, Benoît Chrétien espère pouvoir financer dix chiens. «Ce serait formidable », indique-t-il, confiant quant à la réalisation de cet objectif. Mais en attendant, les lycéens assaillent Jean-Claude Boutillet de questions. « Comment se fait l’attribution du chien ? », « Quand est-ce que le chien part à la retraite ? », « Comment se passe son éducation ? » L’homme de 58 ans répond du tac-o-tac, même pour les questions plus personnelles. Ce qui ne manque pas d’impressionner Pauline, en première scientifique. « Il n’y a pas de tabou. Quand Margaux a demandé ce que ça faisait de ne pas voir sa femme et ses enfants, il a simplement répondu que c’était la vie », indique-t-elle. Margaux a elle aussi été sensible au discours tenu par Jean-Claude Boutillet. Elle relativise : « Ce qu’on pensait être un problème pour lui ne l’est pas. Son optimisme est impressionnant. » Et le pédagogue de conclure de son côté : « Ils apprennent que les aveugles sont des gens comme les autres. Ce ne sont pas des monstres. » http://www.lunion.presse.fr/region/un-chien-guide-dans-les-classes-pour-sensibiliser-au-handicap-ia3b26n292694
Les habitants de Courmelles ne relâchent pas la pression pour se faire entendre sur le dossier de l’aire de grand passage des gens du voyage. Samedi matin, une quarantaine d’entre eux ont manifesté puis accroché de part et d’autre du pont de la Départementale 1 des banderoles signifiant leur exaspération. « Ça dure depuis près de dix ans, il serait temps que l’on avance », commente le maire Yvon Von Mello. Depuis plus de trois mois, les habitants de la commune de l’agglomération soissonnaise se mobilisent régulièrement en réaction à l’accueil croissant de gens du voyage sur un terrain situé sur les hauteurs de la commune, sur la zone du Plateau. A l’origine, il y a neuf ans, l’aire devait être temporaire. « Par manque de structure à Soissons, et plus largement dans le département, nous sommes les seuls à être en capacité de les accueillir. », déplore la première adjointe Florence Hugé. Les Courmellois ne souhaitent pour le moment qu’une seule chose : que la législation soit respectée. « Le schéma départemental d’accueil des gens du voyage prévoit cinq aires de grand passage dans le département », souligne le maire. D’autre part, ladite aire n’est pas conforme avec le Plan local d’urbanisme (PLU), qui interdit l’installation de caravanes dans la commune. Malgré l’immobilisme des dernières années, les habitants ont néanmoins bon espoir. « Le préfet de l’Aisne a affirmé récemment qu’il se souciait du dossier », explique Yvon Von Mello.
C’est un nouvel épisode dans le feuilleton sur l’éclairage public et sans doute pas le dernier. La Ville de Soissons, représentée par le maire Patrick Day, a, mi-décembre, porté plainte contre X « contre toute personne dont l’enquête préliminaire révélerait l’implication ». Depuis cet été, la justice s’intéresse en effet de près aux marchés publics passés, sous l’ancienne majorité, entre la ville de Soissons et des sociétés dans le cadre du « Plan lumière ». Le procureur de la République de Soissons, Jean-Baptiste Bladier, a demandé une enquête à la police judiciaire de Creil sur les procédures ayant conduit la Ville à signer un partenariat public-privé (PPP) avec un groupement d’entreprises. Cette enquête, motivée par un rapport de la Chambre régionale des comptes, n’est pas terminée. Charge ensuite au procureur, en fonction des éléments qu’il aura en sa possession, de poursuivre. Par cette plainte, la Ville entend faire valoir ses droits, dans le cas où il y aurait des poursuites. « Le maire ayant connaissance d’éventuels préjudices financiers pour la ville de Soissons, il se doit de porter plainte, explique le maire Patrick Day. Cela va de soi à partir du moment où une enquête est lancée par le procureur. Il s’agit de défendre les intérêts de la ville et de ses contribuables. » Cette plainte est étayée de nombreux arguments qui pourraient mettre en lumière différents délits, à commencer par le favoritisme. Le cabinet ayant conseillé à la ville de s’engager dans un tel contrat était lié à la société qui a remporté le marché quelque temps plus tard. Le principe d’égalité de traitement des concurrents n’aurait pas été respecté. Personne n’est visé nommément dans la procédure. Mais l’ancienne majorité ne peut être que concernée par cette affaire puisque c’est elle qui a souhaité et signé ce contrat, en 2007, juste avant les dernières municipales qui ont vu la commune basculer à gauche.
1,5 million par an
sur vingt ans
Ce qui est mis en évidence par la Chambre régionale des comptes (CRC), c’est non seulement les conditions qui ont mené au partenariat public-privé, mais aussi son application au cours des années. La CRC constate aussi « un fort déséquilibre en défaveur de la commune » dans les termes du contrat. Récemment, après avoir constaté plusieurs « manquements » et « irrégularités » dans l’exécution du contrat, l’actuelle majorité municipale a fini par le résilier en février 2013. La société a répliqué avec une requête devant le tribunal administratif d’Amiens réclamant la bagatelle d’environ 7 millions. Le PPP engageait la ville pour vingt ans, à raison de 1,5 million d’euros par an, pour l’entretien de l’éclairage public et la mise en valeur du patrimoine.
DERNIERE MINUTE : cinq ans avec sursis requis par l'avocat général
Quand une naissance s’effectue sans assistance, seule, un pic de souffrance est atteint. Sur une échelle de dix, un médecin l’estime à huit ou neuf. L’accusée l’a subie le 7 décembre 2009, chez elle, à Saint-Christophe-à-Berry, en donnant le jour, debout, à un bébé de sexe féminin. Pour la mère, c’est la stupéfaction. Elle affirme qu’elle ne se savait pas enceinte. L’intrus est perçu comme un adversaire qui bouleverse son existence.
Les causes de la mort
Les mots de Séverine Olier, accusée du meurtre de cet enfant, sont rares pour expliquer cette étrange sensation. « Quelque chose est sorti entre mes jambes. Je ne me souviens pas. Il y avait du sang partout », dit-elle. Sophie, un prénom choisi par les beaux-parents, est née vivante. Elle affiche même une certaine robustesse avec un poids de près de quatre kilogrammes et une taille de 53 centimètres. Il ne fait pas de doute que son père est le compagnon de l’accusée. Le cordon ombilical est tranché dans la salle de bains avec une petite paire de ciseaux. Les médecins et les enquêteurs pensent que c’est cette arme qui a infligé la mort en causant vingt-deux plaies. Le décès est lié aussi à deux autres facteurs. Il y a une chute, peut-être non-provoquée, créant un traumatisme crânien. Il y a aussi eu tentative d’étranglement.
« Un état de fureur »
L’accusée affirme que son enfant était inconsciente. A-t-elle pleuré avant de succomber ? La question mérite d’être posée. La cour, qui rend son verdict ce soir, est donc confrontée à beaucoup d’incertitudes. Avec une scène qui prédomine, une mère qui tue son bébé. Pour comprendre, il ne faut pas trop miser sur la science. Doctement, un psychiatre, décrit « un état de fureur ». Il est favorable à une abolition du discernement et rend son diagnostic : « Elle ne sait pas que vous lui parlez. Elle est plusieurs. » Cette thèse ne fait pas l’unanimité chez les spécialistes. Le geste fatal interpelle par son intensité mais aussi sa complexité.